Définition de l’islamophobie

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Dans le cadre de ses actions, le CCIB réalise un travail de définition de l’islamophobie qui est un phénomène complexe.

  1. Cartographie de l’islamophobie

Cette cartographie illustre le type de victimes de l’islamophobie, le profil des victimes, les domaines de manifestations ainsi que la gravité des actes sur la pyramide de la haine[1].

 Carto islamophobie avril2016

 

  1. Définition de l’islamophobie

 Trois niveaux de définition ont été mis en évidence afin de circonscrire l’islamophobie

Niveau 1 : Champ de la psychologie – la « peur de l’islam »

Niveau 2 : Champ de l’antiracisme/droit – les discriminations et actes de violence

Niveau 3 : Champ de la sociologie  – la « construction d’un problème musulman »

 

  • Phobie de l’islam

Premièrement, et sur base de l’étymologie de l’islamophobie (à partir du mot « islam » et du suffixe « phobie », qui dérive du grec phobos (peur, effroi)), l’islamophobie peut se définir comme une peur ou une vision altérée par des préjugés de l’islam, des musulmans, et des questions en rapport.[2]

Relevons que le mot phobie relève du champ psychique et émotionnel. Il n’y a pas de passage à l’acte.

 

  • Ensemble des actes de violence (xénophobie, discriminations, racisme)

Mais l’islamophobie est aussi une des formes de la xénophobie dirigée contre des musulmans.

Il s’agit donc pour cette deuxième dimension de l’ensemble des actes de violence (propos haineux, harcèlement, discrimination ou crimes et délits de haine) qui visent au moins une personne ou une institution en raison de son appartenance, réelle ou supposée, à la religion musulmane. Cette violence peut être verbale, psychologique, physique et/ou économique.

Dans cette deuxième dimension, l’islamophobie est le plus souvent une discrimination sur base du critère protégé « conviction religieuse et/ou philosophique » à l’encontre des personnes musulmanes (ou supposée comme telles).

 

  • La construction d’un problème musulman

Enfin, ces deux définitions ne prennent pas en compte les mécanismes qui justifient l’exclusion et le rejet des personnes musulmanes à travers des faits avérés ou construits et qui se superposent, se renforcent afin de créer un rejet de l’islam et des musulmans. Dans ce cas, et de manière plus élargie, l’islamophobie est la « construction d’un problème musulman »[3] qui vise à porter atteinte aux libertés publiques, à fragiliser la cohésion sociale, à remettre en cause l’égalité  homme/femme, la démocratie, la liberté de culte, l’égalité de traitement, etc.

Cette troisième dimension de l’islamophobie est plus sournoise car elle est aujourd’hui construite et amplifiée par des intellectuels, des politiciens, des médias avec pour objectif de justifier des mesures/législations d’exception visant particulièrement à exclure une partie de la population de notre pays en raison de son appartenance à l’islam ou à la culture arabo-musulmane.

En conclusion, l’islamophobie est une violation des droits de l’homme et une menace pour la  cohésion sociale.

[1] Pyramide adaptée des manuels « a classroom of difference TM » du CEJI.

[2] RAMBERG Ingrid, L’islamophobie et ses conséquences pour les jeunes : rapport du séminaire, Centre européen de la jeunesse, Budapest, 1-6 juin 2004, ed. Council of Europe, 2005, p.6

[3] HAJJAT A. et MOHAMMED M, Islamophobie : comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », Ed. La Découverte, Paris, 2013