2015, une année record en matière d’islamophobie en Belgique

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L’année 2015 fut marquée par des événements tragiques qui ont profondément porté atteinte aux valeurs de nos sociétés démocratiques, interculturelles et sécularisées. Suite à la violence des prêcheurs de haine et des assassins, le CCIB a été saisi par des citoyens qui ont subi les conséquences directes de ces actes meurtriers : une recrudescence et une gravité des actes islamophobes dans notre pays.

Alors même que notre gouvernement déployait son énergie pour garantir la sécurité de notre société, la peur a retenu les gens chez eux, mis sur la voie publique des militaires et a renforcé le sentiment de repli et de haine vis-à-vis de l’autre. De manière très concrète, ces actes se sont concrétisés par des insultes, de la cyberhaine, des actes de violences, des agressions, de la discrimination et des délits de haine. Beaucoup de victimes restent silencieuses et le CCIB n’arrive à avoir accès qu’à une partie infime de la réalité. Son constat est néanmoins confirmé par les résultats d’institutions publiques, comme Unia (Centre Interfédéral pour l’Egalité des Chances), ou encore par de nombreuses associations. Il est urgent de prendre conscience de l’effet pervers des actes de terreurs dans notre pays. Et si l’un des effets est de renforcer la suspicion et la méfiance entre les citoyens, alors nos détracteurs auront réussi à atteindre leurs objectifs.

Fort heureusement, des initiatives privées voient le jour pour plus de respect, de dialogue, pour refuser les amalgames et la haine de l’autre. Elles ne sont pas assez mises en évidence. Aujourd’hui, l’islamophobie est reconnue tant par des personnes lucides sur cette forme de xénophobie que par les détracteurs. L’islamophobie est une des formes contemporaines du racisme. Elle constitue un enjeu pour nos sociétés modernes et c’est pourquoi nous devons tous nous atteler à lutter contre ce fléau et contre toutes les formes de rejet. C’est ainsi que nous pourrons sortir par le haut et restés unis face à la haine.

Chacune et chacun peut se mettre en mouvement et dire non à la haine. Après une année très riche en événements, le CCIB tient à remercier tous ses bénévoles, ses sympathisants, ses partenaires ainsi que ses membres qui se sont engagés avec beaucoup de convictions pour lutter contre l’islamophobie.

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